Une maison sans chauffage, c’est possible ? [MAJ]

 

Avec les prix de l’énergie qui s’envolent, qui n’a pas un jour rêvé de ne plus avoir à se chauffer ? Le #chauffage pèse lourd dans nos budgets mais pour autant la dépense est nécessaire à une bonne qualité de vie. Et bien pas pour tout le monde. Les habitants de maisons passives, eux, n’ont plus à se chauffer. La maison se régule d’elle-même et ne consomme qu’une infime quantité d’énergie. Voyons comment cela est possible…

Une maison passive, qu’est-ce que c’est ?

La notion de maison passive désigne une habitation dont la consommation énergétique au m² est très basse, ou même entièrement compensée par les apports solaires ou par les calories émises par les apports métaboliques (matériel électrique et habitants).

Pour être qualifiée de « passive » une maison doit réduire d’environ 80% ses dépenses d’énergie de chauffage par rapport à une maison neuve construite selon les normes allemandes d’#isolation thermique de 1995, normes déjà très exigeantes.

Les éléments fondateurs d’une maison passive

1- L’isolation thermique

L’isolation thermique est LE principe de base de la maison passive. A cet effet, la construction doit être conçue de manière compacte, pour limiter sa surface extérieure. L’isolation thermique doit être extrêmement performante et appliquée sur toute l’enveloppe extérieure du bâtiment, sans interruption ni brèche afin de limiter les ponts thermiques. Les caractéristiques des fenêtres sont également très importantes. A quoi bon isoler efficacement les parties opaques si l’on jette la chaleur par les fenêtres ? Dans le cas des maisons passives, le triple vitrage est donc utilisé. Mais au-delà du vitrage en lui-même, la jointure entre la fenêtre et le bâti doit également respecter des normes d’isolation thermique pour assurer une cohérence de l’isolation. Pas si simple donc.

2- L’étanchéité à l’air et la ventilation

Les déperditions par une mauvaise étanchéité à l’air sont également un point sensible de la maison passive car elles sont préjudiciables au rendement énergétique de l’habitation. La continuité de l’étanchéité à l’air doit être soigneusement étudiée dès le stade de la conception, en portant une attention particulière aux liaisons entre les éléments, aux encadrements de baies vitrées, aux conduits de cheminée, canalisations, aux qualités des isolants, etc.

Si la maison est totalement isolée et étanche à l’air, comment alors ne pas s’asphyxier au bout de quelques jours ? C’est là que les systèmes de ventilation à double-flux avec récupération de chaleur entrent en jeu. Ces systèmes permettent de gérer les flux d’air dans le bâtiment et de chauffer ou de rafraîchir l’air intérieur en fonction des saisons. Un échangeur thermique air/sol permet par exemple de préchauffer l’air en hiver et de le rafraîchir en été, avant qu’il n’entre dans le bâtiment.

3-     Le solaire passif

Pour pouvoir atteindre des températures intérieures confortables pour les habitants, il est important de capter l’énergie du soleil, notamment pendant les saisons les plus froides.  Ce sont les parties vitrées de la maison qui permettent à cette opération d’avoir lieu. Les vitrages sont dimensionnés selon l’orientation du bâtiment : 40 à 60% de surface vitrée sur la façade sud, 10 à 15% au nord, et moins de 20% sur les façades est et ouest. L’énergie solaire qui pénètre par les fenêtres est stockée à l’intérieur grâce aux matériaux à forte inertie utilisés dans l’habitation.

Afin d’éviter les surchauffes en été, des protections solaires extérieures sont mises en place telles que des auvents, des pare-soleil ou encore des persiennes. Peuvent s’ajouter à cela des protections non construites telles que des stores, ou des protections végétales.

Et si on allait encore plus loin ?

Poussée à l’extrême, cette technique permet même de créer des bâtiments à énergie positive (BEPOS), c’est-à-dire qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Si cette idée fait rêver, ses coûts de mise en place sont néanmoins encore trop élevés pour faire des bâtiments à énergie positive une généralité en France. Mais l’action est en marche et donne de bons espoirs pour les années à venir.

Êtes-vous déjà passés à la maison passive ? Quelles sont les économies réalisées dans votre cas ?

 

A EVITER : confondre maison passive/maison bio-climatique

Une maison passive n’est pas forcément bio-climatique.

La maison bioclimatique : elle est construite avec des matériaux locaux et sains, implantée de manière à éviter les surconsommations énergétiques (vents froids, soleil d’été…) et favoriser l’ensoleillement et ses calories en hiver, bien isolée.

Une maison bio-climatique sera difficilement compatible avec l’environnement urbain.

 

Article rédigé le 02 janvier 2012, mis à jour par G. LETHENET le 23 mai 2013.

Une maison sans chauffage, c’est possible ? [MAJ]

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7 commentaires pour “Une maison sans chauffage, c’est possible ? [MAJ]”

  1. marie dit :

    on peux aussi trouver un chauffage électrique économique
    chauffage électrique économique

  2. J’habite en Bretagne et les hivers sont peu rigoureux (et les étés pluvieux, je sais). Cependant, il est possible de passer l’hiver en dépensant moins de 300 euros de frais de chauffage, avec un poêle à bois et une maison à 19°. Voila, c’est pas du zero chauffage, mais deja, ce n’est pas du nucléaire.

  3. Manelli dit :

    La maison passive c’est top mais ont-ils penser réellement à l’accumulation du chauffage. Au printemps par exemple la nuit il se déclenche, il se coupe le matin, dès lors le soleil commence à taper mais la chaleur accumulée reste présente et on obtient la surchauffe du bâtiment… On ouvre les fenêtres et là au revoir les euros économisés dans le chauffage ! Il y a 2 ans c’était le principal problème des maisons dites déjà à l’époque BBC ! je ne sais pas si cela a changé maintenant ?!

    • PascalF dit :

      Dans une maison passive, d’une part le chauffage doit être dimensionné aux performances thermiques de l’habitation et ensuite celui-ci doit se réguler sur une température.
      Le temps des chaudières qui tournent en permanence est révolu, on a inventé le thermostat depuis ;-)
      Le seul problème dans ces maisons, c’est le chauffage au bois (poêle notamment) sur lesquels il n’y a pas de possibilité de réguler.
      Sur un poêle à pellets, par contre, c’est possible.

  4. Vincent Immobilier dit :

    Bonjour,

    De manière générale, ce type de biens immobiliers éco-performants se généralisent pour le confort de tous! Néanmoins, c’est vrai qu’il faut faire attention et ne pas se laisser trop rapidement séduire par certaines offres trop alléchantes. Parfois, il est plus judicieux de « simplement » acquérir une maison aux performances énergétiques certaines (mais moindres que celles qu’offre une bepos ou une maison passive) et y installer des appareils domotiques dont on est certain de la qualité.

  5. Marc dit :

    merci pour le partage, très instructif

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