Précarité énergétique de l’habitat français, la crise continue

aide Anah et précarité énergétique

Alors que près de 75 000 logements ont été rénovés grâce au financement de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) en 2014, un rapport remis au gouvernement préconise de supprimer certaines aides (comme les aides à la pierre) et de resserrer l’éligibilité aux Aides personnelles au logement (APL). Pendant ce temps-là, plus de 10 millions de personnes en France sont en situation de fragilité par rapport au logement…

Le logement dans tous ses états… Ces derniers jours, plusieurs chiffres sont venus animer l’actualité du secteur. Du plus rassurant au plus inquiétant, du plus encourageant au plus désespérant, chaque statistique a été commentée et analysée dans ses moindres détails. Pour vous, petit tour d’horizon d’un constat et d’un mal français récurrent : le logement.

L’Anah a financé la rénovation d’environ 75 000 logements en 2014

On le sait, la précarité énergétique touche des millions de Français (voir ci-dessous). Ainsi, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour aider les Français à rénover leurs logements. Parmi eux, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) qui a accordé 716,8 millions d’euros d’aides pour financer des travaux, soit une hausse de 24,5 % sur un an. 74 812 logements ont été rénovés grâce à une aide de l’Anah, dont 49 831 liés au programme « Habiter mieux ».


Mémento de l’habitat privé 2014 : la photographie de l’état du parc de logements et de ses enjeux

En moyenne, l’aide versée a atteint 6 318 euros par logement. Ce chiffre grimpe à 10 798 euros par logement lorsqu’une autre aide en provenance du Fonds d’aide à la rénovation thermique (Fart) a été accordée, ce qui « a permis d’améliorer significativement leur performance énergétique », précise l’Anah.

L’organisme a précisé qu’environ 3,8 millions de ménages français sont considérés comme étant en situation de précarité énergétique. La cause : leur facture d’énergie qui absorbe plus de 10 % de leurs revenus.

 

La Fondation Abbé-Pierre toujours plus inquiète

La situation du logement en France ne cesse de se dégrader. Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre, près de 10 millions de personnes sont en situation de fragilité par rapport au logement. Parmi eux, 3,5 millions sont même considérés comme mal-logés au sens strict du terme (SDF, en chambre d’hôtel, dans des abris de fortune, en camping, dans des logements insalubres ou dans des conditions de logement très difficiles).
Le nombre de sans-domicile fixe a d’ailleurs bondi, atteignant 141 500 personnes en 2012, soit une augmentation de 50 % en l’espace de seulement 10 ans.

Parallèlement, le nombre de ménages en demande de logements sociaux ne cesse de grimper. Alors que seulement 450 000 logements sociaux sont attribués chaque anéne, 1,8 million de personnes en font la demande. « Les dispositifs d’aide ne sont plus adaptés et se sont engorgés », dénonce Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation.

 

Aides au logement : une remise en cause du CGEDD

Pendant ce temps-là, les aides aux logements coûtent 46 milliards d’euros à la collectivité selon un rapport rédigé par des membres du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF). Le rapport a été remis il y a quelques jours au gouvernement.
Plusieurs mesures radicales sont proposées. Parmi elles : la suppression pure et simple des aides à la pierre. Celles-ci représentent l’ensemble des aides accordées par l’Etat et qui sont destinées à favoriser l’investissement immobilier sous forme de prêts aidés ou de primes.

Autre voie explorée : le resserrement des critères d’attribution des Aides personnelles au logement (APL). Le rapport insiste sur la nécessité de ne plus les accorder à partir d’un certain niveau de loyer et de superficie, tout comme aux ménages disposant d’un certain niveau de patrimoine. Enfin, le rattachement au foyer fiscal des étudiants bénéficiant d’une APL serait supprimé. D’ailleurs, cette dernière mesure, selon les Echos, permettrait d’économiser 400 millions d’euros dès la deuxième année.

Enfin, le chemin pris par le gouvernement en direction de la transition énergétique ne semble pas trouver grâce aux yeux des rapporteurs. Ces derniers proposent par exemple de supprimer la prime pour travaux et de porter la TVA sur ces travaux de 5,5 % à 10 %. Autant dire que sur ce point, cette préconisation crée la polémique chez les écologistes et les professionnels du bâtiment.

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