Récupérer l’eau de pluie pour la maison ou le jardin [MAJ]

Dès ce début d’année 2012 des alertes sur l’état dramatique des nappes phréatiques ont été lancées par de nombreuses préfectures. Et malgré les pluies d’avril, la situation semble encore fragile. D’après le ministère de l’écologie, « la vigilance est donc toujours de mise » et les restrictions d’eau restent maintenues sur de nombreuses régions.

La solution pour les particuliers est donc de récupérer l’eau de pluie pendant les périodes humides afin de bénéficier de stocks lors des périodes estivales plus sèches.

L’eau, un bien précieux à préserver
En réduisant votre consommation d’eau, vous participez à la préservation des ressources naturelles en protégeant ainsi la nappe phréatique. La récupération des eaux de pluie présente par ailleurs un intérêt en limitant les impacts des rejets d’eau pluviale en milieu urbain, face notamment à la croissance de l’imperméabilisation des sols et aux problèmes d’inondation qui peuvent en découler. La privatisation de sa distribution et les obligations croissantes de son traitement font de l’eau de ville un bien de plus en plus cher.

De l’eau presque potable

Normalement l’eau de pluie a des caractéristiques assez proches d’une eau potable. Néanmoins, il existe une relative contamination de l’eau de pluie au contact de l’air où les particules sont souvent riches en matériaux lourds et en différents aérosols relâchés par les activités humaines. L’eau de pluie en ruisselant sur le toit se charge aussi de différentes substances (excréments d’oiseaux, feuilles, particules de poussière) jusqu’à la citerne d’eau dans laquelle elle sera stockée.

Une étude préalable pluviométrique est préférable suivant les régions pour évaluer la capacité nécessaire du volume de cuve choisie. (cf carte) Dès lors, l’eau de pluie n’est pas véritablement potable. Cependant, avec un système de purification efficace, l’eau pourra être destinée à des usages réservés.

Les usages réglementaires
Parce que les eaux de pluies ne respectent pas les limites de qualité réglementaires définies pour l’eau potable, celles-ci doivent circuler dans des réseaux de plomberie différents, et donc disposer avant les toilettes ou la machine à laver d’un système de dis-connexion réglementaire pour éviter toute pénétration d’eau de pluie dans le réseau d’eau de ville (arrêté du 21 août 2008, publié au JO n°0201 du 29 août 2008).

En résumé, l’eau de pluie peut avoir de multiples usages : WC, lave-linge, arrosage du jardin, remplissage de la piscine, nettoyage des surfaces, lavage des véhicules. Il n’est par contre pas autorisé d’utiliser l’eau de pluie pour des usages alimentaires (boisson, préparation d’aliments) ou des usages sanitaires (lave-vaisselle, douches, lavabos).

Les eaux récupérées et utilisées à l’intérieur du bâtiment qui sont renvoyées vers les égouts sont soumises à la taxe d’assainissement. Le propriétaire doit faire une déclaration d’usage en mairie, telle que prévue à l’article R 2224-19-4 du code général des collectivités territoriales.

Le principe de fonctionnement
La récupération d’eau de pluie s’adapte à vos besoins. Il existe en effet plusieurs solutions selon l’utilisation que vous aurez de cette eau. Les modèles les plus simples sont des cuves extérieures, munies d’un robinet dans lesquelles vous puisez l’eau pour le jardin. Mais vous pouvez aussi opter pour une citerne, enterrée ou non, reliée à la maison.

Le principe de fonctionnement de la cuve de récupération d’eau :
cuve récupérateur d'eau
L’eau de pluie ruisselant sur le toit est acheminée par les gouttières et descentes de gouttières (1) vers une citerne pour y être traitée via le système de filtration(2) (élimination biologique par principes actifs de tous les résidus organiques contenus dans l’eau), L’eau de pluie filtrée est ensuite stockée dans la cuve en attendant d’être utilisée. Une pompe de refoulement(3) munie d’une crépine d’aspiration permet l’exploitation de l’eau stockée de la cuve. La crépine d’aspiration est équipée d’un flotteur afin d’éviter l’aspiration des fins sédiments déposés sur le fond. Les eaux sont ensuite acheminées dans le réseau d’eau de la maison (4) via le gestionnaire d’eau de pluie.(7)

Les canalisations de distribution d’eau de pluie, à l’intérieur des bâtiments, sont repérées de façon explicite par un pictogramme « eau non potable ». A proximité immédiate de chaque point de soutirage doit être implantée une plaque de signalisation qui comporte la mention  » eau non potable  » et un pictogramme explicite.

La capacité idéale de la cuve
Un foyer de 4 personnes avec jardin (env. 100 m2) peut remplacer par an 90.000 litres d’eau potable par des eaux pluviales, ce qui représente environ 50% de la consommation totale d’eau. A titre d’exemple, une réduction d’environ 50% de la consommation d’eau potable permet de réaliser des économies annuelles qui vous feront amortir votre installation de récupération d’eaux pluviales en quelques années seulement et préserver durablement l’environnement.

Utiliser l’eau de pluie permet de réduire la consommation d’eau potable tout en réalisant des économies substantielles. C’est donc un geste écologique et économique.

[Focus] Les équipements de récupération de l’eau de pluie doivent être entretenus régulièrement, notamment, par l’évacuation des refus de filtration. Toutes les contraintes réglementaires en font un dispositif complexe, l’installation doit donc être réservée aux professionnels.

[Conseil du pro] Les équipements de récupération d’eau de pluie ne bénéficient malheureusement plus de crédits d’impôts depuis 2013, la loi de finances ayant réduit les conditions d’octroi à l’amélioration thermique du bâtiment.Certaines collectivités locales encouragent l’installation de systèmes de récupération des eaux de pluie. Renseignez-vous auprès de votre mairie.

Source carte des précipitations : ma-meteo.over-blog.com

A EVITER : négliger l’état de son toit.

A l’occasion de l’installation d’un récupérateur d’eau de pluie, profitez-en pour rénover votre toit : un hydrofuge augmentera l’écoulement de l’eau, protégeant ainsi la toiture de l’humidité stagnante, qui favorise les végétations et les moisissures. Contactez nos conseillers Technitoit, le devis est gratuit !

 

Article rédigé le 24 mai 2012, mis à jour le 3 avril 2014 par G. LETHENET

Récupérer l’eau de pluie pour la maison ou le jardin [MAJ]

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  1. Récupérer l’eau de pluie : écologie et économie [MAJ]
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13 commentaires pour “Récupérer l’eau de pluie pour la maison ou le jardin [MAJ]”

  1. Jerome dit :

    Pour connaître la consommation d’eau de pluie réelle d’une famille, il existe ce site web : consommation d’eau de pluie.
    ILS sont à 7m3 pour un mois et quelques jours à 2/3 personnes, mais avec des périodes de récupérateur vide, l’installation etant sous-DIMENSIONNÉE.

  2. ESA Evolutions dit :

    Pour la récupération de l’eau de pluie vous avez plusieurs possibilités.:
    les citernes souples que vous pouvez installer dans un vide -sanitaire, sous une terrasse ou dans votre jardin. leurs volumes: de 1 à 1 000 m3 vous avez des produits standards ou sur mesure.
    La mise en place est simple et ne nécessite pas de terrassement et se raccorde comme une citerne rigide.
    Avantage: sont coût d’achat et sont coût de mise en place.
    Les citernes rigides: Ce sont généralement des citernes qui sont ENTERRÉES.
    Leurs volumes de 1 à 250 m3 en acier en POLYÉTHYLÈNE ou béton.
    Pour s’équiper en récupération d’eau de pluie il est important de ne pas NÉGLIGER la mise en place de crapaudines et de filtre avant citerne.

  3. Bounioux dit :

    Bonjour, nous avons besoin d’un conseil. Nous possedons une citerne en.plastique recuperatrice d’eau entre autre pour arroser notre jardin. Depuis quelque temps une odeur de soufre s’en degage probablement a cause des feuilles de chene. Que pouvons nous faire contre ca? Si nous mettons du vinaigre quels sont les risques pour les plantes? Merci

  4. Fabrice dit :

    Dommage qu’en France il ne soit pas autorisé de boire l’eau de pluie, en Belgique on peut le faire (après l’installation d’un système de filtration/cuve adéquat évidemment, car on ne peut pas boire de l’eau de pluie récoltée tel quelle).

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